
S’intéresser au théâtre naturaliste permet de réfléchir aux limites du manifeste naturaliste de Zola en matière de théâtre, d’étudier les impasses de l’adaptation de ses romans, enfin d’expliquer le bouleversement de l’art de la mise en scène à partir de la fin des années 1880. Nous commencerons par lire Le Naturalisme au théâtre (1881), en montrant que ce recueil de Zola met en valeur la dimension matérielle de la représentation (décor, costumes, accessoires…), défendue par le metteur en scène André Antoine. Dans un deuxième temps, nous soulignerons l’écart entre la théorie et la pratique de Zola, en comparant le texte de ses romans avec celui des adaptations théâtrales (Thérèse Raquin en 1873, L’Assommoir en 1879, Germinal en 1888…). C’est à la lumière de ces adaptations que nous pourrons ensuite mesurer la radicalité des pièces de Becque ou des dramaturges dont les pièces ont été montées au Théâtre Antoine. On s’interrogera enfin sur la dimension sociale de ce théâtre naturaliste : non seulement sur la notion de « tableau », mais aussi sur les tentatives de mettre en scène des drames collectifs (Mirbeau, Curel…).
- Enseignant: Reffait Christophe