À partir du VIe siècle, l’équilibre des pouvoirs se bouleverse autour de la Méditerranée. La fragmentation politique des royaumes installés sur le territoire de l’empire romain d’Occident, tout comme la réorganisation de l’empire romain d’Orient, modifient les flux dans la région. La naissance de l’Islam au VIIe siècle et la conquête rapide de la moitié sud de l’espace méditerranéen entraînent également de nouvelles dynamiques. À partir du VIIIe siècle, les trois espaces impériaux (empire carolingien, empire byzantin, califat abbasside) sont reliés par de nombreux échanges humains, intellectuels, diplomatiques et économiques. Ils peuvent se déployer de manière pacifique ou conflictuelle, traduisant les concurrences et les compétitions mais aussi les coopérations entre ces puissances. Les tensions internes entraînent cependant leurs divisions dès le IXe siècle : califats concurrents de Cordoue et Grenade, principautés post-carolingiennes, tensions autour de l’iconoclasme. Cette nouvelle géographie politique réorganise les relations entre des acteurs plus nombreux et parfois nouveaux, comme les Normands ou les Turcs. La période ouverte par l’expansion latine à la fin du XIe siècle reconfigure une partie de ses relations, par la guerre (croisades, conquête d’al-Andalus) mais aussi le commerce ou les échanges culturels. Au XIIIe siècle, le morcellement politique et l’essor économique se combinent pour donner naissance à de nouvelles sociétés. Au sein même de ces territoires, les communautés politiques, religieuses ou sociales s’entrecroisent à différentes échelles et sont en contact permanent. Plus qu’un territoire divisé entre trois blocs cohérents et unifiés par des régimes politiques et religieux stables, la Méditerranée est un monde de flux et d’échanges permanents.
- Enseignant: Vidon Hugo